Services postaux pour un vaste continent
Assurer les services postaux en Australie est une tâche complexe et difficile. Mais avec des véhicules puissants et efficaces et des solutions intelligentes, l’Australia Post veille à ce que lettres et colis arrivent à temps.
L
e faisceau des phares fend l’obscurité. Les yeux rivés sur la route, Rick Hoyne pilote son Volvo FH à travers la nuit australienne. Depuis vingt-deux ans, Rick roule pour les services postaux australiens, Australia Post, dont le siège est à Melbourne. Il effectue trois tournées par semaine. Ni la topographie, ni les conditions de circulation n’ont de secret pour lui.
Cette nuit, il est en route pour Dubbo, un trajet de 700 kilomètres. Une fois sur place, un autre chauffeur le remplacera pour effectuer le reste du trajet jusqu’à Brisbane. Rick roule sur une ligne droite interminable de la Newell Highway près de la ville isolée de Jerilderie, dans l’ouest de la Nouvelle-Galles du Sud. Aux abords des routes, les kangourous sont un danger pour la circulation. La dure sécheresse qui sévit dans la région les pousse à se réfugier sur les bas-côtés de la route, où la condensation de la nuit favorise le développement d’un généreux couvert végétal.
« Une collision avec un kangourou peut gravement endommager le véhicule, en particulier les plus grands spécimens qui peuvent même traverser le pare-brise. Volvo est ici vraiment dans une catégorie à part, grâce à la sécurité de la cabine », explique Rick tout en surveillant intensément la route devant lui, prêt à tout moment, à effectuer une manœuvre d’évitement.
L’Australie est connue pour avoir des conditions de transport routier qui sont parmi les plus difficiles au monde, et ceux qui transportent les envois postaux doivent être particulièrement imaginatifs et flexibles, pour faire face à ces conditions difficiles. Le climat varie fortement en Australie : des tempêtes tropicales, avec des températures de près de 40°C dans l’extrême Nord, à la neige et la glace dans les Alpes australes loin dans le Sud. Si vous osez vous aventurer dans l’Outback, la température peut varier de plus de 20 degrés pendant une journée. Mais, comme si cela n’était pas suffisant en termes de défis pour ceux qui assurent les services postaux dans ce pays, la qualité du réseau routier varie aussi considérablement. Le mauvais état des routes use les véhicules, les remorques, le chargement et les conducteurs qui effectuent la liaison entre les grandes villes et les régions éloignées. Les véhicules doivent répondre à tous ces défis avec la même efficacité.
« L’Australie est un vaste continent. Les distances sont énormes, et il est donc important que tous les aspects soient pris en compte afin que nous puissions garantir que le courrier arrive à temps », souligne Chris Pearce, qui est gestionnaire des transports d’Australia Post.
L’entreprise est responsable de la distribution du courrier vers toutes les villes d’Australie et a organisé son transport, afin que les envois puissent être livrés à temps dans tout le pays. La flotte se compose d’un total de 10.600 véhicules, des motocyclettes aux tracteurs avec double remorques, de manière à pouvoir accéder partout, dans les rues de la banlieue comme sur les autoroutes.
La distribution du courrier en Australie est une tâche énorme du point de vue logistique. Australia Post traite 21 millions d’envois par jour dont 2 millions sont des colis, ces chiffres doublant à la haute saison, autour de Noël.
Compte tenu de ces quantités énormes, il faut être particulièrement efficace en haute saison. Pour gérer ces volumes hors normes et distribuer les colis à la date promise, les responsables ont structuré leur parc roulant de manière innovante, en choisissant notamment les camions et les remorques qui assurent au mieux cette mission.
« Les conditions routières et météorologiques, qui peuvent être extrêmes, sont prises en compte et nous avons adapté nos trajets et les véhicules pour qu’ils puissent toujours assurer le meilleur rendement », explique Chris Pearce.
Les tracteurs Volvo sont l’épine dorsale du transport sur les longues distances. Parmi les 125 Volvo FH de la flotte, 65 sont des configurations à deux remorques assurant les liaisons entre les capitales des États. Ces modèles (B-Double) sont également utilisés dans d’autres parties du monde, mais en Australie, ce concept a été affiné et a permis d’optimiser la flexibilité avec un PTRA maximal de 62,5 tonnes, et la capacité volumique de l’ensemble routier de 26 mètres de long.
« L’introduction du concept des B-Double a fortement contribué à notre productivité. Le premier a été mis en service en 1994. C’était une étape évidente dans nos efforts visant à fournir le meilleur service possible, et les poids lourds Volvo ont vraiment réussi à répondre à nos besoins », constate Chris Pearce.
Des ensembles routiers plus longs peuvent remplacer plusieurs camions plus petits. Ces transports contribuent à une réduction de la consommation de carburant et des émissions, à moins d’embouteillages, à une usure moindre des routes et surtout à une sécurité accrue.
En proposant de série la protection anti-encastrement avant et la cabine de sécurité, Volvo a été l’un des premiers constructeurs de camions à répondre aux réglementations des B-Double de 26 mètres hors tout dans le pays.
Pour Australia Post, la sécurité et la qualité des services sont extrêmement importantes. Les véhicules assurant la longue distance parcourent un total de 25 millions de kilomètres par an, ce qui équivaut à 32 fois la distance Terre – Lune, aller-retour. À cet égard, Australia Post détient des records très difficiles à battre.
Les distances entre les capitales des États sont énormes. De Sydney, sur la côte Est, à Perth sur la côte Ouest, la distance est de 4.110 kilomètres. Cela correspond à vol d’oiseau à la distance qui sépare Madrid de Moscou.
« Aucun trajet n’est plus dangereux qu’un autre. Tous peuvent être difficiles à leur manière. Le climat en Australie est très imprévisible. Il y a quelques semaines, par exemple, il faisait moins cinq degrés et la glace recouvrait les routes de la capitale Canberra, alors qu’il faisait 38 degrés à Darwin, dans le Nord », note Chris Pearce.
Le climat contrasté australien s’est une nouvelle fois distingué en février de cette année. Des années de sécheresse ont donné lieu à des feux qui ont ravagé des villes entières dans l’État de Victoria. Dans le même temps, le Queensland dans le Nord-Est a été frappé par des pluies diluviennes qui ont inondé de vastes zones et ont bloqué les principales liaisons routières vers le reste du pays.
Les transports sur longue distance effectués par les propres camions de l’entreprise sont concentrés autour de la côte Est et Adélaïde en Australie du Sud, tandis que des transporteurs soigneusement sélectionnés assurent les livraisons vers Perth, Darwin et d’autres régions éloignées.
Les tracteurs Volvo tractent aussi bien des remorques simples que doubles. C’est Sydney qui génère le plus gros volume de courrier. La population de la ville ne cesse de croître, et avec elle le nombre d’envois. Cette situation exige une combinaison comportant deux remorques et Australia Post a rationalisé son système de chargement à l’aide de « Unit Load Devices » (ULD), des caisses palettes grillagées sur roues pouvant rapidement et facilement être chargées et déchargées.
« Avec un ensemble B-Double, nous arrivons à charger 90 ULD, 30 dans la première remorque et 60 dans l’autre. Le poids varie en fonction du contenu et du volume des colis, mais le poids du chargement se situe en moyenne autour de 30-35 tonnes. Nous traitons 75.000 ULD dans notre réseau national et 95 % des colis sont expédiés de cette façon ».
Dans les centres postaux un peu partout dans le pays, il règne une activité fébrile. La nuit venue, les camions se lancent sur les routes, selon une logistique soigneusement planifiée et bien organisée, qui assure l’optimisation des livraisons.
Australia Post a plusieurs fois fait figure de précurseur en termes de solutions innovantes de transport dans le pays, notamment le toit coulissant « pop-top » sur les remorques, qui facilite le chargement, ainsi que les systèmes de sécurisation du fret pour éviter des problèmes inutiles avec le chargement lorsque le camion est sur la route.
Chaque semaine, 258 trajets en longue distance sont effectués, entre des zones densément peuplées et certaines des régions les plus reculées du pays. Sur les itinéraires les plus longs, un système de changement de conducteur est appliqué afin de respecter les règles de conduite, sans exception. En Australie, le temps de conduite légal varie entre 12 et 14 heures, selon le système d’alerte à la fatigue utilisé par les transporteurs.
Les poids lourds Volvo ont un taux d’utilisation élevé et sont employés pour le transport en longue distance durant au moins quatre ans. Ensuite, ils sont affectés à des trajets régionaux jusqu’à ce qu’ils aient six ans et aient parcouru environ 1,2 million de kilomètres, avant d’être finalement remplacés. Tous les camions d’Australia Post sont couverts par un contrat d’entretien Volvo Gold, ce qui signifie que l’entretien et les réparations sont effectués par des concessionnaires Volvo à travers le pays.
Tous les camions sont équipés de systèmes d’information de transport et d’un système d’alerte à la fatigue. Les données sur l’état du conducteur et du véhicule sont enregistrées en continu. La cabine robuste et fiable joue aussi un rôle très important, compte tenu des problèmes constants rencontrés en Australie avec les kangourous qui traversent les routes et le bétail en semi-liberté.
« Les camions doivent être confortables pour les conducteurs ; c’est essentiel pour éviter la fatigue des chauffeurs sur l’ensemble de nos trajets. En outre, ils doivent être extrêmement fiables dans un pays où les conditions soumettent l’équipement et les moteurs à de fortes contraintes, afin de maintenir les immobilisations à un minimum absolu », déclare Chris Pearce.
La formation continue des conducteurs est un autre aspect important de l’Australie Post. L’entreprise travaille en étroite collaboration avec Volvo pour tirer le meilleur des conducteurs et des véhicules, à mesure que la technologie évolue.
L’Australia Post emploie 118 conducteurs en longue distance, chacun assurant ses propres trajets. Ils connaissent par cœur la moindre petite bosse sur leur trajet.
Personne n’est plus conscient de la nécessité de la sécurité et du confort que le conducteur Rick Hoyne, alors qu’il guette l’apparition éventuelle de kangourous durant sa conduite de nuit sur la Newell Highway. La plupart des véhicules longue distance traversent le pays pendant la nuit, souvent en convois, avec très peu d’autres véhicules entre eux. La chaussée peut être plane et de bonne qualité, ou très inégale sur certaines portions de cette route, mais Rick raconte qu’il a connu pire.
« Le pire des trajets est la Hume Highway qui relie Melbourne à Sydney. Cette autoroute enregistre le trafic routier le plus dense d’Australie. Bien que la route soit de bonne qualité, vous pouvez avoir jusqu’à trois mille camions par nuit. La Newell Highway est en plus mauvais état et il peut se passer plusieurs heures avant de rencontrer un autre véhicule, entre Dubbo et Melbourne.
Sur les deux trajets, il est essentiel d’être confortablement assis pour conduire en toute sécurité, et en matière de confort de conduite, Volvo est au-dessus du lot. Sur un parcours de longue distance, on est moins fatigué, si le véhicule que l’on conduit offre le niveau de confort de Volvo. » ■
Australia Post
■ 35.500 employés veillent à ce que le courrier soit distribué à temps dans toutes les villes d’Australie
■ 10.600 véhicules – motocycles, fourgons, camions et tracteurs avec deux remorques – sont utilisés pour assurer cette tâche
■ 125 camions Volvo font partie du parc roulant, dont 65 tracteurs avec deux semi-remorques (B-Double)
■ 118 conducteurs bénéficiant d’une expérience unique des transports en longue distance, veillent à ce que les délais soient respectés
■ Autour de Noël, Australia Post transporte plus du double du volume traité en moyenne, lequel est de 21 millions d’envois par jour dont 2 millions de colis