Édité 2009-06-08

Voici comment éradiquer l’alcool au volant sur les routes d’Europe

Plus de 40 000 personnes meurent chaque année sur les routes européennes. Nombre de ces accidents auraient pu être évités si l’alcool n’avait pas été en cause. Le secteur du transport européen a décidé d’adopter une ligne de conduite dure pour venir à bout du problème.

L

e tableau n’est pas très réjouissant : 43.000 personnes sont mortes dans des accidents de la route en 2007. Bien que la tendance soit à la baisse - le nombre de décès a diminué de 11.000 depuis le début des années 2000- le problème ne peut pas être ignoré : les routes d’Europe font plus de victimes qu’un crash aérien chaque jour de l’année !

Une grande partie du problème est liée à l’alcool. Environ un accident de la route sur quatre est dû à la consommation d’alcool, ce qui signifie qu’il est à l’origine de 10.000 décès annuels dans des accidents de voiture. Les automobilistes représentent la majorité absolue des accidents liés à l’alcool. Les décideurs politiques et les représentants de l’industrie en Europe se mobilisent à présent pour éradiquer l’alcool au volant sur les routes de l’UE.

« Avec la vitesse et le non-port de la ceinture de sécurité, le risque alcool est peut-être le domaine qui impacte le plus sur la sécurité routière. Nous devons nous attaquer à ce problème par l’application stricte des lois, en investissant dans les nouvelles technologies et en changeant les mentalités », explique Ellen Townsend, Policy Director de l’ETSC (Conseil Européen de la Sécurité des Transports), organisation non gouvernementale, dédiée à la réduction du nombre et de la gravité des accidents de transport en Europe.

Pour ce qui est des mentalités, elle pose la question de savoir si vous laisseriez un ami rentrer chez lui au volant de sa propre voiture, après quelques verres de bière ou de vin pris dans un bar.

« En Grande-Bretagne, on ferme souvent les yeux sur ce type d’infraction, alors que par exemple en Suède, on est tout à fait d’accord pour recommander à la personne de prendre un taxi. L’acceptation sociale autour de l’alcool au volant varie largement entre les États membres de l’Union européenne.

La tâche d’Ellen Townsend consiste à influencer les politiciens et les décideurs à Bruxelles et au sein des États membres de l’Union, en vue de renforcer le cadre réglementaire sur la sécurité routière. 

Elle doit également veiller à encourager l’utilisation d’éthylotests anti-démarrage en Europe. La recherche montre que l’éthylotest est l’une des méthodes les plus efficaces pour prévenir la conduite en état d’ivresse. Malgré cela, son utilisation varie considérablement à travers le monde. Alors que les États-Unis, le Canada et l’Australie élaborent des normes pour les éthylotests depuis des décennies, le même processus en Europe n’est lancé que depuis quelques années.

Au sein de l’Union, seule la Finlande a une forme de législation dans le domaine. Des alcolocks obligatoires y sont utilisés dans le cadre de la réhabilitation des personnes reconnues coupables de conduite en état d’ivresse. Cinq pays, la France, la Belgique, les Pays-Bas, la Suède et le Royaume-Uni, préparent actuellement une législation identique, après avoir évalués, ces dernières années, les effets de l’éthylotest dans une série de projets pilotes.

« Compte tenu de la capacité qu’a cette technologie d’épargner des vies, il est important de la faire connaître autour de soi. Mais ce n’est pas facile. Nous devons une nouvelle fois faire changer les mentalités afin que les gens réalisent les avantages de l’utilisation d’un éthylotest. Parallèlement, nous devons améliorer la conception des véhicules, de sorte qu’il soit plus facile d’installer un tel dispositif », souligne Ellen Townsend.

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